Des caribous au pays du couscous

Chefchaouen - Inpressions

(en construction)

 

 

 

Lorsque nous sommes revenus du Maroc, tout le monde nous a parlé du désert. Désolée de vous décevoir, mais le désert nous l'avons juste frôlé, et le Maroc ce n'est pas que du sable, et si votre curiosité dépasse les clichés et que vous me demandez quelle région je préfère je vous parlerai du Rif et de Chefchaouen...

 

 Il y a trente ans, lors de ma première visite au Royaume Chérifien nous l'avions évité, découragés par les histoires qui couraient à propos du kif et du détroussement de voyageurs. Ces trois dernières années m'ont permises au contraire de découvrir et d'apprécier cette petite ville paisible et pieuse de 40 000 habitants où il fait bon prendre son temps. Je me suis trouvée très chanceuse d'avoir de nombreuses missions à effectuer dans cette région que j'ai ainsi mieux connue.

 

 

 

 

 

 

L'arrivée à Chaouen (pour les intimes) procure toujours une sensation intense de découverte sans cesse renouvelée. En provenance de Ouezzane, depuis le rond-point de Dardara, on y accède après dix kms de route en lacets qui grimpe raide. A tout moment on ressent la sensation que quelque chose va se passer jusqu'à ce que la ville se dévoile au dernier virage, accrochée à sa colline de 660m. Surplombée par les djebels  Kella ( 2050 m ) et Meggou ( 1616 m ) qui forment le djebel ech Chaouen (les Cornes) les montagnes environantes montent la garde en toutes saisons.  Enrubannée de brouillard ou couronnées de neige elles dégagent une impression de force tranquille. 

 

 

                    

 

    

 

 

 

 

Après avoir déposé mes bagages je file tout de suite place Outah el Hammam pour prendre un thé ou un jus d'orange afin de me mettre dans l'ambiance indolente et désinvolte de la cité. Regarder le temps et les gens passer... Les paysannes couvertes de leurs mendils chamarrés, les jeunes filles  coquettes, les hommes aux djellabahs traditionnelles comme on n'en trouve plus beaucoup. Le spectacle est simple et ininterrompu.

 

 

       

 

 

Face aux nombreux restaurants se trouve la Kasbah, ancien fortin militaire qui abrite aujourd'hui un beau petit musée qui expose de très belles broderies anciennes, et des objets utilitaires. Pendant les fortes chaleurs il est agréable de se promener dans le  jardin andalous et la vue sur la cité est  imprenable. Je l'ai visité plusieurs fois avec plaisir.

 

 Chaouen , réputée ville sainte et ou compte plus de vingt mosquées ou sanctuaires , fut longtemps interdite aux chrétiens , alors même que les juifs y étaient nombreux.

 

   

Venir à Chefchaouen

 

L'arrivée à Chaouen est facile. On peut difficilement se perdre et se tromper. Et une fois arrivé, on peut laisser le véhicule et parcourir la ville entièrement à pied (sauf si on est au camping).

Je suis arrivée en ville autant en autobus, qu'en voiture de location, qu'en grand taxi.

La gare d'autobus est très active bien qu'un peu excentrée. On trouve de nombreux départs pour les directions de Tetouan, Tanger, Fès, mais il n'y a que deux départs pour Rabat -Casablanca. Autant que possible prenez les bus de la CTM; avec les autres compagnies vous ne savez pas quand et si vous arrivez, c'est une sorte de loterie. (Rabat-Chefchaouen environ 100drh par CTM + 5 drh par bagage) (voir rubrique Transport - Autobus) Le petit snack ombragé ouvre vers 6 h30 et sert un bon kawa, des sandwichs à la vache qui rit et on trouve plein de cochonneries sucrées car il est préférable d'affronter les virages le ventre plein que le ventre vide.

 

 Pour les grands taxis, on les trouve autour de la charmante place Mohamed V. La plupart des hôtels hors médina dispose d'un parking (10 drh la nuit). Pour la petite histoire, notre chienne a d'ailleurs passé quelques nuits dans la voiture sans problème, et est vite devenue copine avec le gardien de nuit de l'hôtel Madrid. Et nous n'avons jamais eu de problème dans les parkings non gardés. Chaouen est une ville tranquille.

 

     

 

 

  

Y dormir

 

Selon les saisons et les moyens financiers dont je disposais, j'ai essayé plusieurs types d'hébergement.

 

L'hiver, je préfère le Parador (400 drh la single)  pour le chauffage ou l'hôtel Madrid pour son coté rococo - (250 drhs avec petit dej) de novembre à avril prévoyez un bon pyjama.

 

L'été, j'aime loger dans la médina, dont les hôtels disposent quasiment tous d'une terrasse (100 à 200 drh avec petit dej). Les chaudes soirées permettent de belles rencontres.  Par contre, il ne faut pas craindre le bruit car l'été est la saison des mariages et des fêtes. Tous les deux jours on entend les musiciens qui accompagnent la chaise à porteurs  fermée de la mariée qui se rend chez son futur mari. Ensuite c'est la fête,... jusqu'à très tard dans la nuit. Lorsque j'ai enregistré ce qui suit il était 4 heures du mat!  

      

 

 

De plus en plus d'étrangers (comme partout au Maroc) achètent un rénovent de vieilles maisons de la médina. J'ai beaucoup apprécié des maisons d'hôtes comme la Casa La Palma tenue par Carlos et Ana, deux hôtes charmants et efficaces. Ana prépare des repas andalous divins servis sur la terrasse. Ces adresses sont encore discrètes et si certaines disposent d'un site internet, beaucoup se louent par le bouche à oreille ou par les bazaristes. Quelques marocains louent des appartement aux alentours de 300 drhs la nuit. Les serveurs de la place Outah el hamam pourront vous renseigner. Vous pouvez aller visiter cela ne vous engage à rien.

  A Chefchaouen, chacun peut trouver à se loger selon son budget, et je n'ai jamais entendu d'histoire d'horreur sinon de petites arnaques.

 

 

 

 

 

      

A coté, se trouve la grande mosquée récement restaurée.

 

Un peu d'histoire

 

Fondée à la fin du IX éme siècle pour protéger la population contre la conquête portugaise et espagnole, Chaouen fut interdit aux chrétiens jusqu'en 1920. Seul Charles de Foucault réussi à y pénétrer et en ressortir vivant. Entre 1924 et 1926, durant la guerre du Rif, Abd-el Krim réussit à expulser les Espagnols, mais ceux-ci ne tardèrent pas à occuper à nouveau Chaouen en septembre 1926, cette fois-ci pour y rester jusqu'à l'indépendance marocaine en 1956.

 

L'arrivée massive et successive de familles andalouses durant la Reconquista et au XVIIe siècle, contribua au développement démographique, urbain et architectural de la médina et lui donna un style typiquement grenadin faisant de Chefchaouen la ville soeur de Grenade. Elle a constitué à travers son histoire un pôle religieux et spirituel régional très actif contre ledanger ibérique. C'est ce qui lui a valu le toponyme de al-Madina al-Saliha «la ville sainte». Son important patrimoine architectural religieux est composé de 20 mosquées et oratoires, 11 zawiyas et 17 mausolées.

 

 



25/07/2010
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